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Compagnie monsieur madame – Maylis Isabelle Bouffartigue

La Compagnie Monsieur Madame est préoccupée depuis des années par la manière dont «on» écrit l’histoire, et sur le fait que l’histoire officielle, assimilée comme « objective », est pétrie par des mythologies qui comme toutes les mythologies structurent et configurent un imaginaire, une vision du monde communs à une société d’individus. Elle parle aussi des «sans histoire » qui, par analogie, sont aussi des « sans patries », des nomades. Dernièrement, elle s’est attaquée à la mise en procès théâtralisée du code noir, du code de l’indigénat et du code des étrangers : une mise en procès du corps de la loi qui est aussi celle de l’histoire officielle bâtie par la France. Une fiction historique à laquelle cette grande nation colonisatrice doit aujourd’hui faire face à travers les questions d’identités, d’immigration, des banlieues et d’un racisme ordinaire comme banalité du mal

En 2001, Maylis Isabelle Bouffartigue crée le solo La diseuse quelqu’un. Ce poème scénique qu’elle interprète, implique le public comme Choeur. S’installe alors une relation sensible entre l’artiste et son auditoire. Peu à peu, elle fidélise certains spectateurs qui ont la volonté de s’engager sur le plateau en partageant une aventure artistique avec elle ; ces mêmes spectateurs qu’elle accueille et introduit dans La diseuse quelqu’un avec ces mots populaires : « Messieurs, Mesdames ; Monsieur, Madame ; Compagnie Monsieur Madame ». Ils s’impliquent alors artistiquement dans des avant-premières du solo. Parmi eux, des amateurs et des professionnels de toutes disciplines artistiques confondues.

En 2002, la compagnie professionnelle Compagnie Monsieur, Madame, composée des spectateurs rencontrés lors de la diffusion de La diseuse quelqu’un, naît. Elle arbore dans son nom sa démarche populaire et soucieuse du sens donné au geste artistique et à l’acte théâtral, qui sont sa raison d’être et le sens de l’élan créatif la faisant vivre, la justifiant même. Pour la Compagnie Monsieur Madame, le spectateur est au centre de la représentation, tous les spectacles sont écrits pour cet absent qui n’arrive que lorsque les mots et les corps investissent le plateau. Le spectateur est bel et bien pour la Compagnie monsieur madame l’acteur principal. Il s’agit également de sortir d’un rapport strictement marchand opposant le public-consommateur à l’acteur en scène.

D’autres créations suivent : entre 2004 et 2006, la compagnie est le lieu d’éclosion du spectacle Les pleurantes et pleurants. Essai ludique autour des archétypes masculins et féminins. Hors des lieux institutionnels du théâtre, cette création contemporaine a été diffusée essentiellement en milieu rural. En 2007, un nouveau spectacle voit le jour après une résidence à la Bassecour (Tarn) : Déroute de dires et d’opinions d’un esprit perturbé. De 2008 à 2011, la Compagnie Monsieur Madame est Artiste Associée du Théâtre de la Digue (Toulouse). Dans ce cadre, elle crée le diptyque Tria Fata : Les diseurs, Les voyageurs. Depuis 2011, la Compagnie travaille et explore les abimes de la législation française à travers une nouvelle forme théâtralisée : La mise en procès, du Code noir, du Code de l’indigénat et du code des étrangers. Cette création est actuellement en diffusion en France et à l’étranger.

La Compagnie Monsieur Madame a ouvert depuis 2014 des ateliers/création autour de la thématique du GÉNOCIDE avec la collaboration d’intellectuels, de juristes, d’historiens, de psychiatres et de sociologues. Elle travaille plus particulièrement en 2014 à l’occasion du XXè anniversaire du génocide Tutsi, autour du récit de Révérien Rurangwa « Génocidé » Sa dernière création qui est une mise en scène d’extraits de L’Espèce Humaine du livre éponyme de Robert Antelme participe de cette étude artistique, humaniste philosophique et politique. 

DÉMARCHE ARTISTIQUE DE LA COMPAGNIE MONSIEUR MADAME :

Une démarche humaniste, poétique et politique. Ses créations peuvent être nommées « Poèmes scéniques ». Sa démarche se construit autour de la recherche d’une forme théâtrale contemporaine axée sur la pluridisciplinarité: Théâtre dansé -Théâtre gestuel – Manipulation d’objet Multimédia: vidéo, musique électronique.

Culture populaire : Objets qui se situent au seuil du théâtre que l’on peut nommer « Objets Théâtraux Citoyens » et qui prennent généralement la forme d’une mise en procès fictive. Ces « Objets Théâtraux Citoyens » sont inspirés des travaux et recherches d’historiens, de philosophes, de sociologues, de juristes…

Recherche artistique et esthétique                                                                                                   Émotion : mettre en mouvement. Comment l’acteur, se met-il et met-il en mouvement? Quel cheminement prend-il pour atteindre une émotion, quels sont les codes actuels que l’acteur emploie pour mouvoir et émouvoir ? Les acteurs d’aujourd’hui doivent témoigner de l’homme contemporain, interroger les états émotionnels enfouis et étouffés par les convenances sociales et politiques en pleine mutation.

Une pratique d’acteur. Le mot se met au service du corps et de son intériorité. Le mot est poussé et né du contenu corporel et spirituel: il provoque une métamorphose évolutive, répétitions, rythmes et cassures proche de l’enfance profonde: expérimenter les glissements d’un état à un autre, comme si l’acteur avait à tout moment un choix à agir

Une écriture scénique. Recherche avec l’objet, la poétique de l’objet, l’aléatoire de l’objet. La vidéo et la lumière comme scénographie. La musique comme acteur.

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